HUSSAM ALIWAT

Tu as commencé la musique très jeune. Qui t’a donné envie de commencé la musique, et quelles sont tes influences musicales?

C’est peut-être l’envie de changer qui m’a motivé. J’avais envie de faire autre chose, quelque chose de différent de ce que mes parents ou la société m’avait inculqué. Je suis d’origine palestinienne, j’ai grandi au Qatar. C’est un pays où il n’y a pas du tout une culture musicale ou artistique. J’ai grandi dans une famille qui ne fait pas d’art et je voulais prendre un autre chemin. J’ai commencé à jouer le Oud à l’âge de 12 ans, car c’est l’instrument le plus connu au Moyen-Orient. J’ai commencé tout seul à m’entrainer sur des musiques que je connaissais. J’ai commencé à jouer à 12 ans et j’ai commencé à composer à 15 ans. C’était une passion au début et puis petit à petit j’ai commencé à développer ça sérieusement, et aujourd’hui je suis là. 

En quoi tes études de cinéma ont inspiré ta musique? 

Plus jeune je voulais faire des études de musique, mais j’hésitais entre les Etats-Unis et la France. Je suis venu en France, et en France, 21 ans c’était trop tard pour commencer les études de musiques classiques au conservatoire. De plus cela ne me correspond pas trop, puisque je joue un instrument oriental, qui n’a rien à voir avec le classique. Ce n’était pas mon chemin. Je voulais faire des études en parallèle de ma carrière dans la musique, des études qui puisse servir ma musique. le cinéma est une passion que j’ai depuis tout jeune. Je veux que le cinéma serve à ma musique et que la musique serve le cinéma, quand je ferais du cinéma. 

Ce serait génial que produise des films avec ta musique en bande originale. 

J’adore faire ça. Je le fais de temps en temps. Je fait partie d’Alterca – une maison d’édition – avec laquelle je travaille, qui me sert parfois à travailler sur des films. Composer pour les films c’est une passion aussi. Ma musique est cinématographique. L’idée de l’album, c’est comme une histoire. C’est comme-ci on regardait un film, avec un début et une fin. Dans ma musique il y a du cinéma, même s’il n’y a pas d’image. 

Qu’est ce que tu cherches à communiquer à travers ta musique? 

Ce que j’essaie de faire à travers ma musique, c’est de casser l’idée qu’un joueur de Oud ne fait que de la musique orientale, ou qu’un joueur de contrebasse ne fait que du jazz. J’aimerais qu’on arrive à un moment où n’importe quel instrument puisse jouer n’importe quelle musique. Un instrument c’est juste un outil pour sortir un son et ça peut servir à n’importe quelle musique. Dans ma musique j’essaie de faire ça, même dans l’arrangement, avec les deux violoncelles et la batterie, ce n’est pas du tout l’utilisation habituelle. 

Quelle est ta relation avec le Oud? 

Le oud c’est un instrument assez faible par rapport au volume, un peu limité . Je dis souvent que le oud est venu par hasard. Ce n’était pas un choix. C’était un choix parce que je n’étais pas présenté à d’autres instruments. Au Moyen-Orient on avait peu d’option. ll n’y avait que le Oud. Faire jouer le oud avec une batterie par exemple, cela demande beaucoup de travail technique et d’arrangement pour le faire sonner plus rock. 

Comment as-tu choisi les instruments qui t’accompagne? Comment les as-tu rencontrer? En résumé comment est né le «Hussam Aliwat Quartet»?

J’ai longtemps hésité quant au choix des instruments qui allait m’accompagner. J’ai commencé avec un seul violoncel, avec un ami, Sary Khalifé. J’ai réfléchi pendant un an, afin de trouver la sonorité que je voulais. J’ai hésité entre la guitare, la contrebasse, le violon. A la fin, je voulais un instrument qui avait un registre sonore d’une grande amplitude, qui puisse faire des basses mais également des aigues. Et esthétiquement aussi, les deux violoncelles avec le oud, je trouve que c’est beau visuellement. Du coup on est parti sur un deuxième violoncelle. Je suis quelqu’un qui aime beaucoup le groove, le rock, les mélodies fortes. Du coup je suis partie sur l’idée d’essayer de partir avec un batteur, et ça m’a pris du temps de recherche et d’essai. A chaque fois il faut répéter, s’adapter aux musiciens, et donner la liberté aux musiciens de s’exprimer. C’est ça qui est beau dans ce projet. Les musiciens qui me rejoignent ont envie de créer, d’essayer ce son, de partager leur personnalité dans ma musique. 

Peut tu me parler un peu plus de ton album “born now”, comment tu as réussi à le réaliser? 

Cela m’a pris 4 ans de travail. Au début j’ai fait des compositions qui ont fini à la poubelle. Cela m’a pris beaucoup de temps pour trouver ce son. En 2016 on a fait le premier single, puis on a tourné un peu en France et en Suisse. Puis en 2018, j’ai sorti l’album “born now” et j’ai fait le concert de lancement de l’album au café de la Danse. Maintenant on commence a préparer la tournée pour 2020. La prochaine date c’est donc au Bataclan avec vous. 

Qu’est ce qu’icart session pourrait t’apporter?

L’icart sessions n’est pas concentré sur un style de musique ou une culture en particulier. Ce n’est pas classifier et je trouve ça magnifique. C’est très rare. en festival et en radio on est très limité selon des catégories. Ce qui compte c’est la musique. Il faut mélanger tout le monde, et c’est ce qui est très présent avec l’icart sessions.